Journal de bord.

Quiproquo

Je ne lâche pas, je suis sûre de ce que je veux.
Mais quand c’est sans espoir, à quoi se rattacher ?
Je meurs à petit feu.
Hier soir, j’ai ressenti les vibrations des basses d’un "concert" d’électro, c’était sympa mais fatiguant.
Le fait est qu’en mangeant moins et bougeant plus l’énergie part plus facilement ! Mais je ne dors toujours pas. Je crois que les gens s’inquiètent. Je m’inquiète aussi, mais je m’inquiète pour lui, j’ai peur qu’il fasse une bêtise, qu’il change négativement, j’ai peur de ne jamais le retrouver. Il était vraiment toute ma vie et je n’arrive pas à croire qu’il soit parti, qu’il m’ait abandonné.
Je n’arrive pas à rester seule, je cherche de l’occupation mais il est partout et en même temps, il n’est pas là.
Je voudrais qu’il soit là. Je voudrais lui expliquer qu’il se fait des idées, que je ne m’intéresse qu’à lui, que toute cette rupture est basée sur une erreur, j’ai trouvé.
J’ai trouvé ce qui me dérangeait, ce qui me faisait douter.
La peur de l’engagement, et l’envie de garder mon chez-moi tout en restant avec lui, enfin bref, je lui expliquerai en face à face, peut-être, la semaine prochaine.
Eliane va passer, j’espère que ça ne sera pas au même moment même si je sais que c’est lui qui primera sur le reste.
Le travail m’épuise, les enfants sont insupportables et je finis affreusement tard.
Je passe bientôt le permis, ça a l’air d’être une bonne chose mais je n’ai pas de voiture, alors à quoi ça servira ?
Et puis, sans lui rien n’a de sens. C’est lui qui donnait un sens à ma vie et j’ai vraiment du mal à imaginer l’avenir seule, sans lui, sans nous.
Honnêtement, à quoi ça sert de s’attacher quand les êtres qu’on aime peuvent nous être arraché?
Je ne pensais pas que ça ferait aussi mal, il ne me répond plus alors qu’il m’avait promis d’être là…
Combien de promesses bafouées ? Combien de paroles trahies ? Combien d’espoirs brisés ?
Reviens.
L’attente de le revoir est insoutenable, son souvenir est partout.
Je pense que je suis un petit peu défaitiste en ce moment mais j’ai discuté avec Val et il m’a dit que pour lui aussi ça avait été dur, qu’il a mis des mois à s’en remettre. Mais qu’on s’en remet et qu’on y repense parfois tard le soir mais qu’on peut s’y soustraire.
J’ai cessé de martyriser mon corps. Mais il portera à jamais les blessures de mon esprit.
Je pense que c’est pour ça également que j’envisage le tatouage. J’y ai longuement réfléchi et le projet est là, c’est le seul avec le permis. J’attendrai l’hiver afin de ne pas être embêtée.

Enfin voilà.

TEV
Toujours en vie.